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L’expatriation aujourd’hui est-elle une mode ou une nécessité ?

Compte-rendu de la conférence animée par Jean PAUTROT

sur le thème :

L’expatriation aujourd’hui est-elle une mode ou une nécessité ?

mercredi 26 mars à 20h30 salle des Conférences


Présentation des intervenants :

- Jean Pautrot

Directeur Mobilité du Groupe Services à EDF, en charge de la politique de mobilité et de la négociation des rémunérations d’expatriation.

Président du Cercle Magellan France (http://www.magellan-network.com/) : Réseau de RH de 150 groupes internationaux

Administrateur de la Mission Laïque qui implante des écoles Françaises à l’Étranger.

Co-auteur du livre « Expatrié : Rêve et Réalité ».

Communication à l’International Coaching Federation : « Expatriation, Identité et Changement ».

Chevalier des Palmes Académiques

École Centrale de Paris, Maitrise de Sciences Économiques, et ancien parent à Henri IV.

- Dominique Le Menn

ancien Président de l’Association Indépendante, qui nous a aidé à organiser cette soirée.

Président de l’association "Esprit d’Excellence" Esprit d’Excellence est une association loi 1901 . Son projet vise à la création d’internats, garçons et filles. Il est présenté sur le site internet www.esprit-excellence.info ( Vous pouvez vous reporter en annexe pour plus de détails)

- Elsa Allman, ancienne élève d’Henri IV, en Master 2 « Marchés Financiers » à Paris Dauphine avec une année passée à Madrid et un stage à Londres, à La City. Fille d’expatriés (Haïti, Vietnam, Madagascar, Inde)

- Arnaud Boufard, ancien élève d’Henri IV, actuellement en 3ème année à l’Ecole Polytechnique, enfant d’expatriés du Groupe TOTAL (Indonésie, Norvège, Dubaï) avec un projet professionnel tourné vers l’étude des Energies Renouvelables, à Stockholm.

Quelques constats

- La plupart des cursus de bonne qualité proposent au moins 6 mois à l’étranger. Il y a donc une ouverture internationale réelle des Grandes Ecoles.

- Des Ecoles comme « Centrale » ou les Ecoles de Commerce encouragent leurs étudiants à avoir une expérience internationale, en proposant par exemple des doubles diplômes. Il s’agit là d’une tendance de fond.

- On se trouve dans une situation paradoxale où finalement l’Entreprise est un peu à la traîne par rapport aux Grandes Ecoles. Aujourd’hui, il n’y a guère plus de 150 à 200 entreprises françaises qui expatrient leur personnel.

- Ainsi, si les entreprises du CAC 40 s’internationalisent de plus en plus en réalisant 60 à 70% de leur CA hors de France, elles expatrient peu. Les expatriés ne représentent en moyenne que 0,65% de leurs effectifs Monde.

- Sur les 2 millions de français à l’étranger, les expatriés et leurs familles ne représentent que 300 000 personnes.

Pourquoi ?

La mobilité internationale est aujourd’hui en forme de toile (échange de personnel entre les filiales : expatriation pour la gestion des compétences) et non plus en forme d’étoile (on n’est plus dans une période de transfert des savoirs comme à la fin de la seconde guerre mondiale car il existe, aujourd’hui, des formations de qualité dans tous les pays).

Ainsi, 35 % des expatriés d’une entreprise ne sont pas français. Parce que l’expatriation coûte cher aux entreprises (package Expat comprenant logement, voiture…) et aussi parce qu’on connaît mieux le pays quand on est natif.

Les Entreprises se trouvent aussi confrontées depuis peu à un nouveau problème : la crise des compétences. Après la crise de l’Energie, puis la crise des matières premières, elles affrontent pour les dix prochaines années la crise des compétences, surtout pour les métiers d’ingénieur. Leurs besoins en ces domaines sont énormes.

Les HP (hauts potentiels)

- Les entreprises procèdent au repérage des cadres susceptibles de prendre un jour des responsabilités de direction.

- Pour ces jeunes cadres, l’international est un passage obligé. Attention, la réciproque n’est pas vraie : ce n’est pas parce que l’on est passé à l’international que l’on est fait pour des postes de direction.

- Avoir une opportunité d’expérience à l’international est une des trois premières raisons, une des trois principales causes de motivation pour un jeune pour rejoindre une entreprise.

- En France, on est caractérisé plus par ce que l’on est (ancien élève de...) que par ce que l’on fait.

- Statistiquement, il y a certes plus de HP chez les anciens élèves de l’Ecole Polytechnique que chez les anciens de la dernière école d’ingénieurs.

- Toutefois, il faut séparer la question des diplômes de celle de l’expérience à l’international. Le diplôme ne suffit pas, ce qui permet de repérer un HP, ce sont les capacités relationnelles, le savoir-être, la capacité à résoudre des problèmes et à conduire un projet. Le diplôme est une marche pour entrer dans l’entreprise, mais une carrière repose beaucoup sur les qualités humaines.

L’international, pourquoi ?

- Avoir une expérience ailleurs permet de développer sa personnalité.

- Il y a trois grandes raisons à l’expatriation

- le développement personnel : un milieu différent est toujours enrichissant. Avoir une expérience ailleurs permet de se forger une personnalité. Cette raison est toujours présente chez les candidats à l’expatriation.

Pour un jeune, l’international permet de couper les liens avec sa famille après des études qui ont tendance à être de plus en plus longues. C’est un gage de maturité. Cela lui permet aussi de fuir la routine.

- la rémunération : suivant l’endroit où l’on va, il peut y avoir effectivement un complément de salaire allant de 5 à 50 %, plus logement et divers services gratuits.

• la carrière : il est intéressant de noter que les entreprises ont parfois du mal à réintégrer leurs expatriés. La réadaptation est plus ou moins difficile car on a changé pendant les années passées à l’étranger, et l’entreprise a changé aussi.

Par ailleurs, quand on est à l’étranger, on est sous le regard des autres (coutumes différentes, langue). Au retour, ce regard peut manquer. Toute personne qui a quitté son pays d’origine éprouve ce sentiment de difficulté de réadaptation au retour. Après plus de cinq ans hors de sa culture d’origine, on peut parler d’un « choc culturel » du retour, avec nécessité de se réadapter à sa culture d’origine, aspect encore trop peu pris en compte par les entreprises.

Il peut y avoir là un risque de déception de carrière.

Par contre, ceux qui sont capables de bien se réadapter font souvent de très belles carrières.

80% des expatriés ont envie de repartir, on peut parler dans certains cas d’une addiction à l’expatriation.

- Les diplômes d’ingénieurs français sont globalement très bien vus à l’étranger car généralistes (contrairement aux diplômes étrangers très spécialisés), et avec une formation plus humaniste.

- Pour s’expatrier, on peut :

• entrer dans une entreprise du CAC 40 (les PME/PMI sont très peu internationalisées)

• fonder son entreprise à l’étranger

• avoir un métier propice à l’expatriation. Par exemple : géologue dans le pétrole...

Tout spécialiste des produits dérivés passera, un jour ou l’autre, par Londres.

- La mobilité internationale se transforme parfois en immobilité internationale : on se fixe à l’étranger.

- Ne pas oublier le Volontaire International en Entreprise (70% des jeunes sont embauchés à l’issue de cette expérience d’au moins 6 mois) qui peut être une alternative intéressante à un deuxième Master.

- Il est intéressant de constater, que par-delà les barrières de langue ou de culture, les gens qui font le même métier se comprennent bien.

L’expatriation, un projet familial

- Il faut que chaque membre de la famille trouve un bénéfice au départ. Il faut une optimisation globale.

- La première expatriation peut être difficile pour les enfants, les parents doivent y être attentifs.

- Pour les enfants, c’est souvent l’apprentissage d’une langue. Il est très difficile de trouver un candidat pour un poste en Hongrie contre des centaines pour un poste à Londres, l’anglais apparaissant comme une langue plus attractive pour les parents. L’allemand est toujours très recherché.

- Il est très difficile d’avoir une double expatriation. Il peut donc y avoir une tension dans le couple entre celui qui est nommé à l’étranger et qui est très absorbé par son travail et celui qui ressent le vide professionnel et qui est seul et coupé de son milieu.

- Au retour, celui qui a laissé son travail pour suivre son conjoint ne retrouve pas toujours immédiatement un poste. Les enfants qui rentrent en France avec le sentiment d’avoir vécu une expérience forte sont parfois mis à l’écart par leurs camarades mais le plus souvent suscitent de l’intérêt et de la curiosité chez leurs nouveaux camarades.

Les valeurs des entreprises :

- Toutes les entreprises du CAC 40 ont des valeurs qu’elles font vivre dans leurs filiales (par exemple le développement durable). Elles sont très soucieuses de leur image, dans ce contexte de « guerre des talents », elles travaillent leur « marque employeur » au travers de Chartes et de Fondations. Les DRH ont changé de métier, passant du « coupeur de tête » à la « fonction marketing » !

- Il faut coller aux valeurs du pays mais également faire vivre les valeurs de la maison-mère, se fondre à la culture, mais également apporter de nouvelles valeurs (c’est la notion de RSE, Responsabilité Sociale des Entreprises)

- Le rapport de force employeur/employé est en train de changer et les jeunes le savent bien.

- Les jeunes d’aujourd’hui ont une mentalité de mercenaires, ils ne sont pas fidèles aux entreprises, surtout en France où la culture de très forte distance hiérarchique est peu attractive.

- Lorsqu’une entreprise veut vraiment garder quelqu’un, elle fait ce qu’il faut.

En conclusion :

L’international est un facteur amplificateur à la fois des « mauvaises » carrières et des « bonnes » carrières.

C’est un projet professionnel qui est aussi en même temps un projet personnel.

Un projet qui, bien mené et bien suivi, peut permettre un parcours d’excellence et un réel épanouissement personnel et professionnel

Concernant les jeunes, il ne faut pas confondre stages à l’étranger et carrière à l’International.

Si une période d’études à l’étranger s’avère quasiment indispensable, pour une carrière à l’international, il faut être prudent et les laisser aller dans le sens de leur inclination :

« on ne pousse pas les rivières pour les faire couler »

Les intervenants sont très chaleureusement remerciés par l’auditoire et par Hélène Gontier au nom de l’Association Indépendante.

Annexe :

- Esprit d’Excellence, située au 20 rue Linné Paris 5e, est une association loi 1901 et présente sur Internet à travers son site www.esprit-excellence.info .. Son projet vise à la création d’internats (garçons et filles) accompagnant des étudiantes et des étudiants pendant une période importante de leur vie : celle de la préparation aux concours (classes préparatoires aux grandes écoles, médecine, I.E.P). Situé au cœur de Paris et destiné aux étudiants évoluant dans le ‘bassin d’enseignement’central (pour exemple : lycées Henri IV, Louis le Grand, St Louis), il permet par sa conception et ses aménagements de répondre aux exigences propres à ce type d’études et place les étudiants en situation de réussite. Nous accueillons des élèves de la terminale à la préparation aux concours des grandes écoles et assurons une mixité sociale par la présence d’un tiers de boursiers d’enfants d’expatriés et dans une proportion moindre (10%) d’impatriés.

Nous sommes actuellement à la recherche de biens immobiliers nous permettant de développer notre projet au cœur de Paris. Aujourd’hui nous sollicitons des aides car nous recherchons :

- des biens immobiliers à acquérir ou à louer sur une longue période (bail emphytéotique)

- des moyens de communication pour nous faire connaître auprès des expatriés, des services des ministères, des organismes publiques concernés par notre projet

- des sources de financements complémentaires

Contact : Dominique Le Menn

Tél : 06 07 11 18 26 e-mail : contact@esprit-excellence.info Internet : www.esprit-excellence.info adresse : 20, rue Linne, 75005 Paris


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