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Témoignage d’étudiant : Virgile


Interview de Virgile

Virgile est étudiant et il vient d’intégrer l’IEP de Paris par le concours d’entrée en troisième année. Nous le rencontrons dans son appartement du 13ème arrondissement où il se prépare pour un voyage de plusieurs mois en Asie du Sud-est.

- Virgile, tu as habité de nombreuses années à l’étranger, comment as-tu vécu cette période ?

J’ai fais l’ensemble de ma scolarité à l’étranger et ce jusqu’au Lycée. Je suis resté trois ans au Cambodge puis trois ans au Yémen à Sana ‘a où j’ai terminé mon collège. Malheureusement il n’y avait pas de lycée à Sana ‘a, alors je suis rentré en France pour la seconde.

L’ambiance dans les lycées français est très différente ; les enfants qui y font leur scolarité ont l’habitude de voyager, de recevoir et d’être reçus. Ils sont très accueillants et il est assez facile de s’intégrer. L’expatriation leur apporte une ouverture d’esprit et une envi naturelle de découvrir ce qui est différent.

- Quelles raisons avaient poussé les parents à mettre leurs enfants dans une école Française ?

Les enfants dans les deux écoles étaient majoritairement étrangers (non Français) mais, pour la plupart, ils avaient une culture francophone. Ils étaient soit, issus de pays francophones comme la Tunisie ou le Liban, soit, bénéficiaient d’un environnement familial attaché à la culture française. On retrouve de nombreux enfants de diplomates qui sont attaché à notre culture.

D’un point de vu pratique, les écoles françaises sont réputées pour leur excellence pédagogique et pratiquent des prix plus abordables que les écoles anglo-saxonnes ce qui pousse les élites locales à y scolariser leurs enfants.

- Après ces années passées à l’étranger, tu es rentré en France dans une période qui n’est pas facile : l’adolescence. Comment vit-on le retour dans son pays natal quand on a 15 ans ?

J’envisageais le retour sans problème, étant habitué à voyager, je me suis dis que ce ne serait qu’un déménagement de plus. A Paris j’ai intégré un foyer de jeunes et effectué mon lycée à Henri IV, ce qui est un peu particulier.

Cette période a été assez dure. En France, je pensais avoir la même facilité à m’intégrer d’autant que j’avais vécu des choses différentes et je pensais pourvoir apporter à mes camarades une expérience nouvelle. Ca a été l’inverse. J’ai eu du mal à me faire accepter car à cet âge les jeunes peuvent être parfois ingrats et ils ne comprenaient pas ce que j’avais pu vivre.

Les codes sont différents ; quand je suis arrivé je parlais différemment, je m’habillais différemment, pour eux j’étais le « paysan ». C’est un peu paradoxal mais la différence joue beaucoup à cet âge et sans parents je pense qu’il est plus difficile de s’intégrer.

- Si tu avais eu l’occasion de repartir et de rejoindre tes parents l’aurais-tu fais ?

En fait après une année à Paris mes parents sont partis au Kenya et ils m’ont laissé le choix : soit je retournais avec eux là bas, soit je restais à Paris. J’ai décidé de rester, non pas que j’étais mieux à Paris car à cette époque je n’étais pas complètement épanoui en France mais je m’étais habitué à mon indépendance et je préférais rester seul.

Le foyer m’a beaucoup aidé ; il m’a permis de rompre l’isolement et de me créer un groupe d’amis plus facilement. Je crois que je n’aurai pas pu rester seul dans un appartement.

Je suis tous de même allé voir mes parents, très souvent au début et deux fois par ans depuis. Ils ont regretté, je crois, de m’avoir laissé le choix par la suite, mais ma petite sœur est restée avec eux.

- Comment, ta petite sœur, a-t-elle vécu ton départ de la cellule familiale ?

Elle s’est sentie un peu abandonnée car elle se retrouvait toute seule avec mes parents et sur ce point elle m’a parfois envié de faire mon lycée en France. Elle a fait son lycée au Kenya et est rentrée en France pour ses études supérieures. Mais après une année de CPGE Commerciale, elle voulait repartir et n’avait pas envie de faire une seconde année. Elle est allée à HEC Montréal et part faire sa dernière année au Chili.

- Est-ce que le fait d’avoir vécu plus longtemps que toi à l’étranger lui a donné d’avantage envie de partir ?

Je pense que toute personne qui vit à l’étranger étant petite aura envie de repartir. On s’habitue à changer d’univers, à se faire des amis, je pense que l’on n’a pas d’appréhension et qu’il est psychologiquement plus facile de partir loin de son foyer.

De plus, pour moi, le fait de voyager d’avoir vu d’autres cultures et d’avoir vécu avec des personnes ayant des mœurs à chaque fois nouvelles, développe une certaine curiosité. J’ai envie de voir le monde, de voir tout ce que je n’ai pas encore eu l’occasion de découvrir. Je pense que cette curiosité résulte du fait que je connais des cultures différentes et toute aussi intéressantes.

- Tu n’es pourtant pas encore reparti ; qu’est ce qui t’a poussé à rester ?

En arrivant au lycée Henri IV je ne savais pas bien ce que j’allais trouver. Je me suis laissé prendre par le rythme des études longues et j’ai intégré une CPGE littéraire. Après c’est un récit classique d’étudiant en prépas : le rythme de travail ne laisse pas forcément le temps de réfléchir à l’avenir en dehors de l’objectif sacré des concours. J’ai échoué au concours de l’ENS comme la plupart des candidats… puis j’ai voulu intégrer Science Po.

Je suis à Paris depuis sept ans maintenant et j’ai très envie de partir. C’est ce que je fais demain, je pars au Cambodge tout seul pour trois semaines et j’ai hâte de redécouvrir ce pays dix ans après.

- Avec le recul que penses-tu de ton expérience d’expatrié ?

Je recommencerai sans hésiter. C’est une expérience très positive et formatrice pour les enfants qui ont la chance de vivre à l’étranger. L’expatriation leur apporte une ouverture et un recul sur la vie.


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